> LA REFLEXION DU MOMENT
> AVRIL
Podcasting…
Voilà encore un terme qui n’a pas fini de nous énerver…Terme
qui plus est « choisi consciemment » par notre radio-télévision
nationale francophone afin de ‘s’aligner’ sur France
Inter. Soit. On s’aligne alors, puisque finalement, c’est
ça qui compte, et non la communication ? En anglais, podcasting
est un néologisme, un nouveau mot inventé et calqué
sur des mots -existants en anglais- afin de définir cette technologie
et de ce fait la rendre accessible à tous en un seul mot. Podcasting
a d’ailleurs été élu mot de l’année
par le New Oxford American Dictionary, car il résume, en un mot,
EN ANGLAIS, ce qu’il désigne. Et les francophones, que font-ils
? Ils reprennent tel quel un mot en anglais, dans une espèce d’obscurantisme
linguistique… Par manque d’inventivité ? Par paresse
? Par snobisme ? Parce que le français ne peut exprimer la subtilité
extrême de cette grande avancée technologique ? Podcasting
est un nom commun spécialement fabriqué en anglais parce
qu’il dit bien ce qu’il veut dire dans la langue de Shakespeare.
Pod vient de iPod, phénomène à comparer avec la fermeture
Eclair ou le Cif, dont le nom de marque a fini par désigner l’objet
en soi (le baladeur numérique de Apple, iPod, qui désigne
ici les baladeurs mp3 en général) et casting vient de broadcasting,
diffusion. En reprenant tel quel le terme en français, alors qu’il
a été spécialement réfléchi et inventé
en anglais pour rendre compréhensible la technologie par le mot
qui la désigne, on fait un pas à l’envers : il faut
expliquer ET la technologie ET ce mot qui ne veut vraiment rien dire en
français. Bon, l’alternative ? Elle existe : baladodiffusion.
On en rit, et même à l’antenne, mais au moins quelqu’un
s’est pris la peine, comme les anglophones l’ont fait pour
eux, de trouver un mot au pouvoir évocateur. Un mot qui, quand
on a expliqué la technologie, devient évident car il parle
pour soi : balado de baladeur et diffusion de euh…diffusion. En
anglais, en tout cas, c’est ça que ça veut dire. Et
si baladodiffusion vous fait rire, c’est en tout cas moins idiot
que de ne pas savoir de quoi on parle. Et puis, ce qui est interpellant
avant tout dans tout ça, c’est que déjà, les
nouvelles technologies sont complexes. Mais en plus cette complexité
est amplifiée en français par le fait qu’aucun mot
désignant ces technologies n’est une aide. Au contraire,
c’est un nouveau vocabulaire à apprendre qui en plus, et
c’est le comble, ne formera jamais une langue, puisque podcasting
sans connaître broadcasting n’a pas de sens. Alors oui, nous
nous insurgeons. Pas pour nous, puisque au sein de Post Scriptum, l’anglais
n’a pas de secrets et on pourrait se contenter des ces copiés-collés
de l’anglais. Si nous réagissons c’est parce que la
langue sert à communiquer, à comprendre. Et là, elle
devient un obstacle, elle isole… fracture numérique est un
mot bien français pourtant… et ce n’est pas comme ça
qu’elle ira en diminuant, surtout si ces pratiques sont cautionnées
par la rtbf
> MARS
Réflexion envoyée (et retransmise) à La Première pour l'émission "Tout autre chose" consacrée à la langue et les emprunts à l'anglais
" Salut Véronique Tyberghien et son équipe,
Un commentaire sur les emprunts à l’anglais : J’ai lu récemment « Une ville flottante», un livre de Jules Verne sur une traversée de l'Atlantique en bateau à vapeur. Et j’ai passé mon temps à m’étonner de son utilisation de mots anglais. Apparemment le concept du bateau à vapeur devait être nouveau, et Jules Verne a recours à un tas de termes anglais pour désigner des mots tout à fait connus en français : steamer pour bateau à vapeur etc… Comme s’il n’avait pas encore bien compris ce que c’était et que pour garder son aspect de nouveauté et de mystère, il utilise un mot anglais.
C’est ce qui se passe aujourd’hui par exemple en informatique, quand les gens disent provider au lieu de fournisseur. En anglais c’est un nom courant, ils doivent d’ailleurs y ajouter "internet" provider pour s’avoir de quoi il s’agit. En français, le mot a été repris tel quel sans doute par des gens qui ne le comprenaient pas. Des « nouveaux concepts » qui se transmettent tels quels et que les gens cherchent trop peu à comprendre… et voilà que réapparaît le spectre 1984, quand on ne possède plus les moyens , les mots pour s’exprimer ! !!!!
La bonne nouvelle, c’est que de ce que j’en ai lu chez Jules Verne, les mots e-mail, download, provider et browser ne survivront pas à 100 ans de littérature !
Bonne continuation et merci !
Diane"
> FEVRIER
Pendant les soldes, on cherche tellement à nous en mettre plein la vue, que certains magasins en viennent à proposer du "Super Sale", en gros sur leur vitrine. C'est un peu ridicule, non? "Super Soldes" est donc tellement plus incongru?
> JANVIER
Entendu à la radio
"L'Europe est en quelque sorte devenu le provider principal de spectateurs de matches de foot"
Sans commentaire... ou si, un choix multiple: a)trop banché ou b)trop ringard?